top of page

Et si on pouvait apprendre du conflit...

  • Photo du rédacteur: Nadine Duguay-Lemay
    Nadine Duguay-Lemay
  • 29 déc. 2018
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 27 janv.

Ça fait un bon moment que je ressens le besoin d’écrire sur le sujet des conflits entre êtres humains. J’ai tenté, à pareille date l’an dernier, de mettre mes réflexions sur papier, sans jamais parvenir à un résultat satisfaisant. Je crois que je craignais trop le jugement des autres — et surtout celui de mes proches — en abordant ce sujet délicat. J’ai alors choisi d’écouter ma peur plutôt que mon courage.


Ce soir, j’ai opté pour le courage. Parce que ma voix intérieure m’a soufflé que c’était nécessaire.


Les rôles que l’on adopte

Du conflit, j’en ai vécu et observé suffisamment pour avoir appris à l’aborder autrement avec le temps. Plus jeune, j’ai appris à le fuir, à le percevoir comme quelque chose de négatif. Exprimer ses émotions n’était pas encouragé, et je me suis rapidement retrouvée à endosser le rôle de médiatrice — voire de psychologue — à un très jeune âge, afin de composer avec cette réalité.


Encore aujourd’hui, je retombe parfois trop facilement dans ces rôles, tant ils sont profondément ancrés dans ma psyché. En fait, ce comportement est « normal » : nous nous attribuons tous un rôle au sein de notre famille. Certains deviennent conciliateurs, d’autres boucs émissaires, ou encore avocats du diable. Peu importe le rôle que nous avons joué comme enfant, frère ou sœur, il y a de fortes chances que nous le reproduisions plus tard — comme parent, ou dans d’autres sphères de notre vie.


L’évitement et ses conséquences

Ce détour me permet de mieux vous expliquer mon cheminement personnel face au conflit. Je me souviens à quel point l’idée d’aborder une situation délicate — ou même simplement d’exprimer mes émotions ou mes pensées, autant dans ma vie personnelle que professionnelle — me semblait insurmontable. Cela m’angoissait profondément.


Je me faisais des scénarios fictifs, anticipant ce que l’autre pourrait dire ou faire. Et j’ai honte de l’admettre, mais j’en ai perdu des heures de sommeil à cause de cette angoisse… souvent imaginaire. Cet évitement ne faisait qu’aggraver les choses : non seulement je gardais tout à l’intérieur, mais je me blâmais aussi pour ce que j’aurais pu faire, dire, ou ne pas avoir fait.

C’était un véritable cercle vicieux, nocif pour ma santé. Lorsque nous n’exprimons pas nos émotions et nos pensées, elles ne disparaissent pas — elles s’accumulent. Et si vous êtes comme moi, vous les compartimentez dans des tiroirs bien rangés, qui ne s’ouvrent que sous la pression d’un déclencheur. Rarement au bon moment.


Apprendre à se responsabiliser… sans porter l’autre

Ma perception du conflit a évolué au fil des années, notamment grâce à l’accompagnement de plusieurs intervenants en santé. J’ai appris que l’essentiel était d’exprimer comment je me sentais dans une situation, et de prendre la responsabilité de la façon dont je le communiquais — avec calme et respect.


Le reste, ce qui m’angoissait tant auparavant? J’ai fini par comprendre que cela ne m’appartenait pas. Je ne peux pas porter la responsabilité de la réaction de l’autre. Cette réaction lui appartient. Il est possible qu’elle soit douloureuse ou différente de ce que j’espérais, mais cela fait partie du processus.


Lorsque nos intentions sont justes, alignées avec nos valeurs, et que nous avons choisi de nous affirmer plutôt que d’enfouir nos émotions — que l’on sait appelées à ressurgir tôt ou tard — un apaisement s’installe déjà en nous.


Une autre façon d’habiter le conflit

Une personne a particulièrement influencé ma vision du conflit : Monique Gallie, conseillère en ressources humaines agréée et médiatrice professionnelle, rencontrée lors de ma formation en gestion contemporaine. Monique vit littéralement au cœur du conflit. Elle intervient dans des situations extrêmement délicates, parfois même désespérées.

Sans voler le « punch » de son cours, je peux dire que son approche m’a permis de cesser de craindre les situations conflictuelles, et surtout, de me doter d’outils concrets pour les traverser avec plus de confiance lorsque elles se présentent.


Le conflit comme espace de croissance

Aujourd’hui, je ne perçois plus le conflit comme une expérience négative. Je le vois comme une opportunité d’apprentissage — sur moi-même, et sur l’autre. Comme une occasion de rapprochement, de tisser des liens plus profonds avec les personnes concernées.


Je le considère aussi comme un moment de vérité, capable de briser le silence autour d’une situation donnée. Car vivre dans les non-dits n’est jamais une meilleure option.


Bien sûr, comme tout le monde, je préférerais ne pas vivre de conflits. Mais je sais désormais que les éviter serait un frein à ma croissance personnelle. Ayant fait le choix conscient de poursuivre mes apprentissages pour devenir la meilleure version de moi-même possible, j’aborde le conflit autrement aujourd’hui.


Et ma vie s’en porte infiniment mieux.


Deux chaises en bois vides, côte à côte sur une colline, tournées vers l’horizon sous un ciel dégagé, évoquant le silence, la réflexion et l’espace nécessaire au dialogue et à l’apprentissage du conflit.
Le conflit n’est pas toujours une rupture. Parfois, c’est un espace à habiter.

Commentaires

Noté 0 étoile sur 5.
Pas encore de note

Ajouter une note

Subscribe

©2018 par My Site. Fièrement créé avec Wix.com.

bottom of page