À toi qui te sens pris·e : quand la vie se resserre
- Nadine Duguay-Lemay

- 3 mars 2019
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 26 janv.
Nous traversons tous, à certains moments de notre vie, des passages plus difficiles que d’autres. Des périodes où l’élan se perd, où tout demande plus d’efforts. Parfois, ces moments s’étirent dans le temps et finissent par nous donner l’impression qu’il n’existe aucune issue, aucun espace pour respirer. Si c’est ce que tu ressens en ce moment précis de ta vie, je t’invite à poursuivre ta lecture. Ce texte, je l’écris pour toi. Aujourd’hui.
J’ai moi-même traversé une période semblable, il n’y a pas si longtemps. Une période houleuse, marquée par le travail acharné, la vie de paie en paie, et l’apprentissage — parfois brutal — de la gestion de l’anxiété. Une période où chaque pas en avant semblait me projeter contre un mur, m’obligeant à reculer de deux ou trois pas. Il y a eu des moments où le courage manquait. Où l’idée de tout abandonner s’imposait. À quoi bon, me disais-je. Je me sentais victime de ma propre vie… et j’agissais comme telle. J’étais convaincue de ne plus avoir de contrôle, condamnée à subir ce que la vie m’imposait.
Est-ce que tu te reconnais dans ces pensées? Dans ces émotions?
Prendre soin de soi n’est pas un luxe
Quand la vie devient tourbillon, quand tout s’emballe à l’intérieur, une chose devient essentielle — même si elle semble contre-intuitive : prendre soin de soi. Si tu fais partie de celles et ceux qui perçoivent encore le soin de soi comme de l’égoïsme ou une forme de faiblesse, rappelle-toi cette consigne bien connue en avion : en cas de problème, on doit d’abord mettre son propre masque à oxygène avant d’aider les autres. Sans air, tu ne peux soutenir personne.
Prendre soin de soi peut prendre mille formes : bouger, ralentir, dormir, bien manger, recevoir un massage, se faire plaisir, s’offrir du silence. Peu importe la forme que cela prend pour toi — l’important est de reconnaître ce qui te permet réellement de refaire le plein. C’est à partir de là que les décisions deviennent plus claires, plus justes, plus alignées.
Je te le dis parce que je l’ai vécu : le manque de sommeil affecte l’humeur, l’appétit, la lucidité. Il nous isole, nous éloigne des autres par peur d’être vus dans notre fragilité. Dormir, manger, s’hydrater, être entouré sont des besoins fondamentaux. Ce n’est pas un hasard si ce sont précisément ceux-là que l’on attaque lorsqu’on cherche à briser un être humain. Alors pourquoi s’imposer soi-même ce genre de privation, hors de toute situation extrême? La question mérite d’être posée.
Sortir du mode survie
M’accorder du temps — parfois simplement pour dormir — m’a permis de retrouver mes forces physiques, mais aussi ma clarté mentale et mon axe intérieur. J’ai cessé de prendre des décisions en mode pansement, en mode urgence. J’ai commencé à choisir avec une vision à plus long terme, ancrée dans mes valeurs.
Si aujourd’hui ta situation te semble de plus en plus désespérée, je t’invite doucement à résister à l’urgence de colmater. À t’offrir de l’espace pour réfléchir. Pour écouter. Bien souvent, le cœur connaît déjà une partie de la réponse… mais nous refusons de l’entendre.
Les mécanismes qui nous protègent — et nous enferment
Ce refus d’écoute est souvent nourri par la peur, mais aussi par les mécanismes de défense que nous avons développés au fil du temps pour survivre. Peut-être que t’occuper sans relâche est devenu une façon d’éviter de te retrouver face à toi-même. Peut-être que l’alcool, les substances ou certaines dépendances servent à anesthésier une douleur que tu crois ingérable. Peut-être que le rôle de la victime te protège, parce qu’il attire l’aide et évite d’avoir à faire des choix difficiles.
Peu importe le mécanisme que tu utilises aujourd’hui — je te le dis avec bienveillance — aucun n’est viable à long terme. Et tous finissent par affecter ta santé, ainsi que celle de ton entourage.
Apprivoiser la peur plutôt que la fuir
Faire face à sa douleur et à ses peurs peut être terrifiant. Je le sais. Les peurs nourrissent l’imaginaire, créent des scénarios catastrophes et amplifient l’angoisse. Pourtant, avec le recul, je peux te dire ceci : les scénarios que j’ai le plus redoutés se sont rarement produits. Et bien souvent, la réalité m’a surprise — et soulagée.
J’ai aussi appris à voir mes peurs autrement. À les considérer comme des gardiennes maladroites, jouant le rôle de l’avocat du diable. En les reconnaissant ainsi, j’ai pu mieux me préparer, mieux réfléchir, sans leur laisser les commandes de ma vie.
Ce passage ne te définit pas
Aujourd’hui, je peux te dire que je me suis relevée de cette période difficile. Elle m’a transformée. Elle m’a rendue plus enracinée, plus fidèle à mes valeurs, plus solide sur mes appuis. Elle m’a surtout appris à ne plus me définir par les obstacles, mais par ma capacité à me relever.
Ce que tu traverses en ce moment n’est qu’un chapitre — pas ton histoire entière. Ce n’est pas le reflet de ce qui est encore à venir, ni de la personne profondément précieuse que tu es.
Ressource







Commentaires