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Le café du matin, à l’intérieur

  • Photo du rédacteur: Nadine Duguay-Lemay
    Nadine Duguay-Lemay
  • 10 févr. 2019
  • 3 min de lecture

Commençons par une vérité toute simple : la vie déborde souvent.


Les journées s’étirent. Les semaines se confondent. Cette impression d’être toujours en mouvement — vers l’avant, sans arrêt, plus vite — devient le bruit de fond de la vie moderne.

Pour bien des gens, le soin de soi se résume à ce qui réussit à se faufiler à la toute fin de l’épuisement : une série télé familière avant de dormir, un moment de calme arraché tard le soir, une pause qui relève davantage de la survie que du ressourcement.


Regardez autour de vous, et vous remarquerez autre chose. Beaucoup portent ce même

poids, tout en présentant au monde une façade bien polie. L’apparence du contrôle. L’impression de maîtrise. Un vernis de « tout est sous contrôle ».


Mais derrière cette surface, l’exercice d’équilibriste est bien réel — et il est exigeant.


Le mythe de l’équilibre

Il existe une croyance tenace selon laquelle la vie pourrait se compartimenter proprement : le travail ici, la famille là, les besoins personnels ailleurs. Dans la réalité, cette séparation tient rarement. Ce qui s’impose le plus souvent, c’est plutôt l’intégration — un enchevêtrement de rôles, de responsabilités et de moments.


L’intégration n’a rien d’élégant. Elle peut prendre la forme de courriels répondus dans un aréna glacé pendant une pratique, d’une journée planifiée avant l’aube autour d’un café, ou de repas organisés mentalement entre deux réunions. C’est imparfait, pragmatique, dicté par la nécessité bien plus que par l’idéal.


La plupart des jours, on fait de notre mieux.

Et pourtant, cette petite voix persiste : ce n’est pas assez.


D’où vient-elle, cette voix?


Quand l’expérience devient récit

Une grande part de la pression que l’on porte ne vient pas de l’extérieur — elle prend racine à l’intérieur, nourrie par le vécu. Les moments d’absence, de décalage ou de déception involontaire s’impriment profondément. Avec le temps, ils se transforment en histoires que l’on se raconte.


La culpabilité, elle, est particulièrement puissante. Elle transforme des événements isolés en conclusions générales. Un moment manqué devient une preuve. Un choix difficile, un verdict. Peu à peu, un récit intérieur se construit — un récit qui remet en question la valeur, la suffisance, l’identité.


Ces histoires influencent nos comportements. Elles alimentent la surcompensation. Elles murmurent que faire davantage finira peut-être par apaiser le doute.


Mais faire plus est rarement la réponse.


Remplir la tasse de l’intérieur

Parfois, ce dont on a besoin n’est ni d’une nouvelle stratégie, ni d’un horaire mieux optimisé, ni d’un outil de plus — mais d’un arrêt. D’un rituel. D’un geste délibéré de bienveillance envers soi-même.


L’idée est simple : quelques minutes de calme le matin, café à la main, consacrées non pas à planifier ou à corriger, mais à s’affirmer. Un moment pour se parler avec douceur. Pour répondre à la voix critique par des vérités qui, au départ, rencontrent souvent de la résistance.


Des phrases comme tu es suffisante, tu fais de ton mieux ou tu es plus que tes actions peuvent provoquer un inconfort surprenant. La résistance prend souvent la forme de l’incrédulité. Après tout, lorsque la valeur personnelle a longtemps été liée à la performance, l’immobilité semble imméritée.


Et pourtant, la répétition compte.


Avec le temps, ces petites affirmations commencent à assouplir quelque chose à l’intérieur. Elles créent une sensation de plénitude — non pas une plénitude d’accomplissement, mais de présence. Lorsque le cœur est plein, il y a moins d’espace pour que l’auto-reproche prenne toute la place.


Honorer la saison que l’on traverse

Il y aura toujours des façons d’améliorer ses routines, de reprendre du temps, de réajuster ses priorités. Ces ajustements sont importants — mais pas tous en même temps, et pas nécessairement maintenant.


Parfois, le travail le plus essentiel consiste à reconnaître ce dont on a besoin dans cette saison-ci. À honorer ce besoin sans se justifier. À accepter que ce soit suffisant.


L’invitation est donc toute simple : envisager de créer sa propre version d’un morning love café. Dix minutes. Aucun objectif de productivité. Aucune attente. Juste un rappel discret que la valeur ne se gagne pas à force de mouvement constant.


Et si cela ne fait pas encore sens, c’est correct aussi.


Honorer l’endroit où l’on se trouve est, en soi, un acte de soin.


Une tasse de café chaude surmontée d’une mousse délicate en forme de cœur, posée sur une soucoupe, évoquant un rituel matinal tout en douceur.

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